9 Septembre 1999 au 16 Septembre 1999 - Logo AFS


Découverte de l'Afrique du Sud

4 - En route pour les grands espaces :
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Trois villes constituent un triangle attachant autour du petit massif du "Klein Karoo" :

Robertson, Montagu et Swellendam.

Ce sont trois villes de vallée, adossées à la montagne, qui présentent toutes une originalité architecturale avec un cachet très 19ème siècle.

Robertson, petite ville paisible très étalée possède une église superbe qui, en ce dimanche matin ensoleillé accueille un grand nombre de pratiquants. C'est un ballet de personnes de tous âges (de 7 à 77ans!) habillés comme pour un mariage, en privilégiant toutefois les teintes sombres. Les hommes arborent des costumes 2 ou 3 pièces, cravate et chemise blanche au col serré. Ces dames, selon leur âge portent des tailleurs, de style 'collège anglais' aux teintes marines ourlés de blanc ou des ensembles dépareillés dans des tons tourterelle ou ciel clair.
Tout ce petit monde se presse vers une des 4 entrées de l'église (pas moins!) la bible sous le bras, en adressant un bref geste de la main aux autres concitoyens comme si tous ne voulaient fraterniser et exulter qu'une fois les portes de l'église franchies. Je crois toutefois qu'il ne faudrait pas attendre de leur part une animation tonitruante de l'église.

La sortie de Robertson tranche franchement avec ce que je viens de voir.

Les townships de la ville isolés derrière des barbelés à plus de 1km des dernières habitations "blanches" me permettent de rapporter, ici, mon sentiment sur la vie en commun de ces deux communautés.

"Elles vivent à la fois à côté l'une de l'autre c'est à dire en faisant semblant ne pas se voir et également en étroite dépendance. La communauté blanche a besoin de la main d'œuvre noire et la communauté noire attend (patiemment en milieu rural et amèrement en milieu urbain) qu'une pièce veuille bien tomber de la poche d'un blanc"

Je n'ai pas vu de couples blanc/noir. Je n'ai vu que très rarement des noirs au volant d'une voiture.
Les villes que j'ai traversées ont toutes leurs townships soit en petites maisons de parpaings récemment construites, soit en plus traditionnelles cabanes de bois et de tôle. Le tout est souvent entouré de grillages. Les gamins jouent au milieu des tas d'ordures que personne ne ramasse et s'inventent des luges faites de cartons éventrés, dès que la pente le permet.

Beaucoup de noirs font du stop ou marchent sur les bas côtés durant des kilomètres, d'autres plus chanceux vont à vélo. Aucun noir dans la plupart des restaurants traversés, tous les postes importants même dans l'hôtellerie me paraissent occupés par des blancs.

En 1999, il n'y a pas marqué : "richesse et bonheur interdits aux noirs en Afrique du Sud" mais l'économie de cette fin de siècle a mis quelques années à figer ce que la loi afrikaner avait établi.

L'histoire dans les musées qui commence avec l'arrivée des premiers colons et leurs descendants, justifie leur comportement actuel en invoquant la tradition. Et oui, là encore la tradition est plus pesante que la loi.

Montagu, Ah Montagu. Elle ressemble à la fois, à une perle de l'Espagne avec son entrée sous forme d'hacienda aux couleurs blanches, sa végétation rase, ses vignes, et à une oasis nord-africaine avec ses gorges encaissées parsemées de palmiers.

Le cœur de la ville est attachant mais c'est un peu à l'écart que je me dirige. A la sortie du centre, au milieu des gorges précédemment évoquées, quelques hôtels se sont installés autour des sources d'eau chaude. (46°c un régal) Quatre bassins ont été aménagés sous forme de piscines étagées au cœur d'un grand complexe touristique. Le bain est agréable mais cette entreprise privée a délaissé le côté naturel pour en faire un repaire touristique peu intégré.

Swellendam. Son cœur historique mérite la promenade à pied d'ailleurs proposée dans la plupart des guides.

Dans les rues de Swellendam
Dans les rues de Swellendam - Pension touristique

Le parc national Bontebok offre un excellent moment d'évasion à environ 6kms du centre.
L'accès à l'entrée se fait par une piste en terre jusqu'à la cabane d'un vieil afrikaner et sa pompe à essence vieillotte. Après vous être fait remettre la carte du parc vous voilà parti sur un maillage d'environ 20kms de pistes à la recherche du "Bontebock"; une grosse antilope à la robe sombre et des tâches blanches sur le flanc et la croupe qui la rendent visible de loin.

La promenade permet de croiser de près entre autres le fameux "Blue Head" sorte de paon miniature et choisi comme emblème de l'Afrique du Sud, ainsi que des tortues terrestres.

Alors que je potasse le guide sur un rocher prés de la rivière un immense essaim d'abeilles approche dans un bruit assourdissant, et ouf! me dépasse à vive allure. Sur le coup ça fout la trouille ces petites "bébêtes"!

Mon étape du jour doit s'achever à Oudtshoorn à quelques 200kms de là. Je vous ai promis de grands espaces alors en voilà.

Quittant la route nationale principale, je décide de faire la route buissonnière et de passer par l'intérieur. Bonne idée car après avoir franchi une première chaîne de montagnes, je me retrouve sur un plateau d'altitude entre 2 chaînes parallèles et ciselées. La route s'étend à perte de vue en direction de Ladismith et longe d'immenses exploitations d'élevage d'autruches.
A profusion les barbelés, à profusion les cous élancés de ces volatiles.

Dans des teintes "Bagdad café", la ville de destination se dessine en haut d'une courbe, comme posée au milieu de rien, la capitale mondiale de l'autruche attend ses visiteurs. C'est au cœur d'une ferme d'élevage d'autruches que je dormirai cette nuit.

Bagdad
Dans les grands espaces - un souvenir de "Bagdad-café"

Voir aussi le Diaporama N° 6 de Cape Town à Oudtshoorn

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